dimanche 7 mai 2006

Du droit de battre sa femme : Bouziane vs Boubaker


Il arrive que la machine de "l'islamiquement correct "s'enraye face à l'expression de foi de croyants zélés. A ce titre, l'affaire Bouziane est un cas d'école.






I Le droit de battre sa femme dans le coran : deux interprétations contradictoires
Lors d'un interview donné à Lyon Mag, l'imam avait affirmé " battre sa femme, c’est autorisé par le Coran"[1]

Les paroles de ce fidèle adepte de l'islam ne pouvaient que déclencher les foudres des tenants de "l'islamiquement correct". L'image d'un islam respectant l'égalité homme-femme était gravement écornée par les propos d'un imam désigné comme "salafiste". Il convenait donc à l'un des plus grand prêtre de" l'islamiquement correct"de prêcher la juste orthodoxie de "l'Islam républicain".
Ainsi, Dalil Boubaker, président du Conseil français du culte musulman affirma "l’islam n’est pas une religion qui bat ses femmes [...]"(libération 20 avril 2004)





II Retour aux textes

Or, le coran stipule Sourate 4 verset 34 :"

Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! "[2]

De plus, la licité d'un tel comportement envers sa femme est sanctionné par l'exemple du prophète sur son épouse aicha dans le hadith sahih muslim volume 4 numéro 2127 [....]" He struck me on the chest which caused me pain[...] [3]


III Application du droit de battre sa femme : l'exemple de rania el baz (représentée en photo sur son lit d'hopital pour illustrer le sujet)

Cette mère de deux enfants, présentatrice de télévision, avait été battue par son mari le 4 avril 2004, à leur domicile de Djedda, apparemment parce qu’elle avait répondu au téléphone. Elle présentait 13 fractures au visage. Son mari l’aurait ensuite mise dans sa camionnette puis abandonnée sans connaissance dans un hôpital de Djedda, en affirmant qu’elle avait eu un accident de la circulation.






Pour compléter :
Etre informé de la condition des femmes sous l'islam
: http://www.wluml.org/french/
Cas de femme battue médiatisée pour le mois d'avril :
http://www.lapresse.com/article/20060501/CPACTUALITES/605010303/0
http://www.rfi.fr/actufr/articles/064/article_35724.asp

voir aussi le rapport d'amnesty international de l'an 2000 : http://web.amnesty.org/library/index/framde230572000





[1] :http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelkader_Bouziane#Interview__d.27Abdelkader_Bouziane
[2] :http://www.yabiladi.com/coran/sourat-4-30-.html
[3] : http://www.usc.edu/dept/MSA/fundamentals/hadithsunnah/muslim/004.smt.html#004.2127

1 commentaire:

Ibn Rushd a dit…

[4:34]
Les hommes ont la charge des femmes, en vertu des avantages que Dieu a accordés aux uns par rapport aux autres, et à cause des biens qu'ils dépensent [pour elles]. Ainsi, les femmes vertueuses sont obéissantes et préservent dans le secret ce que Dieu veut préserver. Celles dont vous craignez la mauvaise conduite, admonestez-les, reléguez-les dans des couches séparées et frappez-les. Mais si elles vous obéissent, ne leur cherchez plus noise. Dieu, certes, est sublime, infiniment grand.

On voit bien que Dieu a donné des dispositions préalables comme quoi, si correctement respectées, ne conduirait nullement à la frappe - et le début du verset "et à cause des biens qu'ils dépensent [pour elles]." est le témoin, pour les féministes musulmanes, que si un mari ne s'occupe en rien de sa femme, il n'a tout simplement plus le droit d'être son époux.

Un Hadîth parle de ne pas utiliser la violence d'ailleurs... même pour l'adultère !

Jâbir ibn cAbdillah rapporte, le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit dans son pèlerinage d’adieu : « Craignez Allah dans votre comportement envers les femmes, car elles sont comme des captives auprès de vous Votre droit sur elles est qu’elles n’invitent pas dans votre couche celui que vous détestez, et si elles le font corrigez-les sans violence. Et leur droit sur vous est que vous soyez bon avec elles, les nourrissiez et les vêtissiez de la meilleure manière. » (Tafsîr Al-Qur’ân Al-‘Adhîm (2/350)